Dojo du Bousquet

« Je comprends ce que vous dîtes de la façon la plus totale, mais quand à l’exprimer avec des mots c’est impossible. »

« C’est donc », expliqua le maître, « l’essence même de l’esprit transmis par tous les Bouddhas. N’aie pas le moindre doute à cet égard. »

(« The garden of vision » / L. Adams Beck; Editions Victor Attinger, 1938)

Qu’est-ce que le Zen?

Le Zen est le volet sino-japonais du Bouddhisme Mahayana (Grand Véhicule) qui remonte au Bouddha Sakyamuni (6ième siècle avant J.C.).

Scindé en surtout deux grandes écoles, le Rinzaï et le Soto, c’est ce dernier qui nous intéresse.

Mais décrire le Zen revient à le limiter. Il est impossible de le confiner dans une description quelconque. Seule sa pratique permet de l’approcher. Ne limitons pas la réalité à notre perception, pire – description.

« Le Zen est s’observer, se connaître », confirmant ainsi les dires d’un certain Socrate: « Connais-toi, toi-même et tu connaîtras le monde »

« Lorsque l’esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparaît« 

Le zen est essentiellement une pratique qui ne nécessite cependant pas l’adhésion au bouddhisme, il est ouvert à tous, quelle que soit leur croyance, leur confession.

« Le Zen est zazen. S’asseoir tout simplement »

Au niveau de la santé, zazen permet

  • l’augmentation de la lucidité (prise de conscience des états émotifs, des sensations et ainsi de nos actions et réactions au stimulations environnementales) – Etre ici et maintenant !
  • la réduction du stress

Si pour les uns il s’agit d’une recherche de bien ou mieux être, d’autres y vivent également la dimension spirituelle….

Zazen

Deshimaru avait coutume de dire : « Le zen c’est zazen » 

Le cœur du zen est la posture assise : zazen

ZA = assise      ZEN = concentration, méditation.

La posture de zazen se pratique en position assise sur un coussin (zafu) face à un mur.

Les jambes sont croisées en lotus ou demi lotus, les genoux touchent le sol. Avant zazen on se balance plusieurs fois à partir du bassin dans un mouvement de moins en moins ample (les deux poings sont posés sur les genoux, pouces à l’intérieur, paumes tournées vers le ciel).

Puis, on fait gassho : en joignant les mains à hauteur du visage, les bras horizontaux, on s’incline profondément en avant, le dos droit, puis on se redresse.

On étire la colonne vertébrale, on rentre le menton, on relâche les épaules.

Les mains sont ramenées contre le bas ventre, la main gauche sur la main droite, les petits doigts en contact avec le kikaï tanden. les pouces sont horizontaux et se rejoignent en formant un ovale avec les autres doigts.

La bouche est fermée, le bout de la langue est en contact avec le palais derrière les dents de la mâchoire supérieure.

Le regard est posé à 45° vers le bas, les yeux restent entrouverts.

Les oreilles sont sur le même plan que les épaules et le nez se trouve sur la même ligne verticale que le nombril.

La respiration est calme et profonde.

Ventre détendu, on va au bout de chaque expiration puis on laisse se faire l’inspiration.

La tension musculaire équilibrée entre tonus et détente permet à l’esprit d’être attentif et paisible.

Dans cette posture on observe ce qui apparaît (pensées, émotions…) sans s’y attacher, sans s’y opposer.

Cet état de conscience en unité avec l’instant présent (hishiryo) est caractérisé par un esprit fluide que Maître Deshimaru appelait « condition normale du corps et de l’esprit ».

Ce n’est pas un état spécial, celui-ci découle naturellement de la concentration sur la posture et la respiration.

Il est conseillé, pour approfondir la voie du zen, de venir pratiquer régulièrement au dojo. En cas d’empêchement, il est possible de faire zazen seul, à condition de rester relié à un enseignant, à l’ enseignement (dharma) et à l’ensemble des pratiquants (sangha).

A partir de la racine de zazen, de multiples fleurs éclosent et s’épanouissent naturellement.

En zazen, corps et esprit unifiés, nous redevenons intimes avec nous-même, nous abandonnons toute opposition, séparation, ainsi que l’attachement à l’ego limité.

Dans l’expérience de l’éternel présent, du ici et maintenant, l’occasion nous est donnée de nous libérer de l’attachement à une construction mentale illusoire et fixe de soi-même (ego).

Nous prenons conscience de l’impermanence et de la vacuité de toutes les existences, ku (l’absence de substance fixe) et réalisons que nous n’existons qu’en relations d’interdépendance.

Ainsi, se libérant progressivement de nos conditionnements passés, notre vie de tous les jours peut actualiser compassion et sagesse et s’harmoniser de plus en plus avec l’environnement, les autres, l’ordre cosmique.

(Extrait du « Livre pour débutant » / ABZE)

A propos….

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